Grand Paris

Lettre aux candidats à la Mairie de Paris

Lettre aux candidats à la Mairie de Paris

Nous existons

Paris ne fonctionne pas sans ses entreprises. Chaque jour, elles ouvrent des commerces, des bureaux, des ateliers. Elles emploient, forment, investissent, innovent. Elles structurent les quartiers, font vivre les rues, soutiennent l’activité économique et sociale de la capitale.

Et pourtant, dans cette campagne municipale, l’entreprise reste trop souvent reléguée au second plan.

Mentionnée à la marge. Abordée par le prisme de la contrainte. Rarement considérée comme un pilier du projet de ville. Paris ne peut pas être pensée uniquement comme un lieu d’habitation, de passage ou de patrimoine. C’est aussi une ville de travail, de production, de création de valeur.

Nous existons. Et nous comptons dans l’avenir de Paris.

Nous finançons la ville

Les entreprises parisiennes contribuent massivement au financement de la collectivité.

Fiscalité locale, versement mobilité, taxes foncières, contributions diverses : elles portent une part essentielle des ressources qui permettent à la Ville de fonctionner. Cet effort n’est pas théorique. Il finance les services publics, les infrastructures, les politiques municipales.

Une ville durable repose sur une base productive solide. Lorsque cette base est fragilisée, c’est l’ensemble de l’équilibre urbain qui vacille. On ne construit pas une politique municipale ambitieuse en affaiblissant ceux qui la financent. On la construit en reconnaissant leur rôle et en sécurisant leur capacité à investir et à créer de l’emploi.

Nous avons besoin de loger celles et ceux qui y travaillent

Chaque matin, la population de Paris double. Ce sont principalement des salariés qui viennent travailler parce qu’ils ne peuvent plus se loger dans la ville où ils créent pourtant de la valeur.

Le lien emploi-logement s’est distendu. Le logement intermédiaire reste marginal, alors qu’il constitue la solution la plus adaptée pour les actifs. Le PLU-b a fait du logement une priorité, mais sans répondre suffisamment à la diversité des besoins. Une ville équilibrée loge celles et ceux qui la font fonctionner.

Empêcher les salariés de se loger à Paris fragilise l’attractivité, l’emploi et la cohésion urbaine. Une ville qui éloigne ses forces vives de son cœur économique s’expose à un décrochage durable.

Nous avons besoin d’une méthode

Les politiques publiques engagent la ville pour des années. Elles doivent être construites avec méthode, concertation et évaluation.

Gouverner, ce n’est pas uniquement empiler des règles. C’est aussi mesurer leurs effets.

Études d’impact en amont, évaluations ex post, comparaison avec d’autres métropoles : ces outils doivent devenir la norme, pas l’exception.

Nous avons besoin de règles lisibles, stables, cohérentes. Nous avons besoin d’une collectivité qui associe les entreprises à la réflexion, non qui les découvre après coup.Décider sans mesurer fragilise la confiance et l’efficacité de l’action publique.

Nous ne sommes pas des boucs émissaires

À Paris, les difficultés urbaines trouvent souvent des responsables désignés : l’automobile, les bureaux, le commerce, les plateformes, les entrepreneurs.

Changer de cible ne règle rien. Cela crée de l’instabilité, de la défiance et de l’inefficacité.

Les problèmes de logement, de mobilité, de commerce ou d’attractivité sont complexes. Ils appellent des réponses structurelles, fondées sur les faits, pas des symboles.

L’entreprise n’est pas un problème à contenir. C’est une force à comprendre et à mobiliser. 

Nous attendons des réponses

Les municipales de 2026 engagent l’avenir de Paris pour de longues années.

Nous attendons des positions claires, assumées, argumentées.

Quelle place pour l’entreprise dans votre projet de ville ?

Quelle stratégie pour le logement des salariés ?

Quelle méthode pour évaluer l’impact des politiques publiques ?

Quel équilibre entre régulation et liberté d’action ?

Les entreprises ne demandent pas des privilèges. Elles demandent d’être entendues.

Paris a besoin d’un projet qui reconnaisse pleinement celles et ceux qui la font vivre, chaque jour.