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CPE : la position de Laurence Parisot

Laurence Parisot s'est exprimée, mardi 7 février, devant l'AJIS (Association des journalistes de l'information sociale). Elle a notamment abordé le thème des nouveaux contrats de travail, CPE, CNE... Ses déclarations ont été largement reprises dans les médias. Vous trouverez ci-dessous, la synthèse de ses propos, publiée par l'Expansion.



> Le Medef craint que le CPE ne parasite le CNE

Que pense le Medef du Contrat première embauche ? Officiellement, l'organisation patronale n'est pas opposée au dispositif. Mais ses réserves sur le texte en l'état actuel sont franches. Sa présidente, Laurence Parisot, reconnaît d'abord implicitement le caractère discriminant du CPE. "Il n'est jamais bon de traiter les jeunes comme une catégorie à part. Il y a un risque de dévalorisation, des jeunes employés en CPE" a-t-elle déclaré, devant l'association des journalistes d'information sociale. Deuxième réserve : la pertinence du dispositif. Pour combattre le "surchômage" des jeunes, le critère de la formation aurait été plus pertinent que celui de l'âge. "Il y a une différence considérable dans l'insertion dans l'entreprise entre les diplômés et les non-diplômés". Sur ce point, une récente étude de la direction de la prospective du ministère de l'Education nationale lui donne raison. Selon cette étude, l'évolution de la population active à horizon 2015 ne jouera pas en faveur de l'insertion des jeunes sur le marché du travail et pour s'en sortir, les jeunes devront absolument développer leur qualification.

Mais surtout, la patronne du Medef s'inquiète du risque de voir le contrat première embauche parasiter le contrat nouvelles embauches, réservé aux entreprises de moins de 20 salariés (TPE). Le Medef estime que d'après les informations dont il dispose (les statistiques de l'Acoss, "partielles mais fiables" selon Laurence Parisot et l'enquête réalisée par l'IFOP pour Fiducial), le CNE a permis 30% d'embauches qui n'étaient pas prévues au départ dans les TPE. Des embauches qui ont surtout concerné les jeunes. Or le CPE introduit une distortion puisque en cas de rupture de contrat au bout de quatre mois, le CPE donne accès à deux mois d'indemnisation-chômage quand le CNE n'en offre qu'un seul. Les jeunes ont donc tout intérêt à préférer un CPE. D'où un risque de confusion auprès des petits patrons : "J'ai peur que ce nouveau dispositif gêne et handicape les très petites entreprises, pour qui tout est plus compliqué". La présidente du Medef aurait donc préféré une extension du CNE à toutes les entreprises. Quant au risque d'enchaînement des CNE ou CPE sans transformation en CDI, Laurence Parisot ne nie pas qu'il existe mais préfère penser qu'il sera "Le principe de base de réflexion du chef d'entreprise n'est pas de coincer l'autre, il est de développer son activité pour garder ses salariés" a conclu la présidente du Medef.

L'Expansion

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